Les caractéristiques des solvants organiques.

Exemples des solvants de dégraissages en industrie.

A.    Séchage et volatilité des solvants organiques : 2

B.     Pouvoir solvant, et caractéristiques techniques : 2

C.    Point éclair (Pe) et inflammabilité des solvants  3

D.    Valeurs limites d’exposition et risques produits  3

Remplacement des produits halogénés dans les solvants de dégraissage industriels. 4

A.    Articles et études théoriques dans la littérature. 6

B.    Etudes et tests réalisés en milieux industriels  6

Regroupement et analyse des résultats : CONCLUSION   9

                                                  Diagramme radial

Figure 1 : Caractéristiques générales des solvants organiques.

 

A.    Séchages et volatilité des solvants organiques :

 

Les indices d’évaporations relatifs à l’éther éthylique (Ie, norme DIN 53170) et à l’acétate de butyle (Iab, normes DIN 53170 et ASTM D 3539)  permettent de classer les solvants en trois grandes classes :

1.      Séchage lent, plus de 30 minutes, Ie>15 ou Iab<0.2

2.      Séchage moyen, de 1 à 30 minutes, 3<Ie<15 ou 0.2<Iab<1

3.      Séchage rapide, moins dune minute, Ie<3 ou Iab>1.

 

Figure 2 : Mesure de la vitesse de  séchage des solvants

La pression de vapeur des produits est reliée à la volatilité et au temps de séchage des produits. Plus la tension de vapeur est élevée et plus le produit est volatil.

B.    Pouvoir solvant, indice Kauri Butanol IKB :

 

Différentes méthodes normalisées existent : 

·  Indice Kauri butanol (norme ASTM D 1133) : méthode représentative uniquement pour les salissures de type gommes, caoutchouc, résines… Plus l’indice KB est important meilleur est le pouvoir solvant du produit

·  Point d'aniline (norme ASTM D 611) : méthode particulièrement adaptée au choix des solvants hydrocarbonés, convenant à la majorité des cas du travail des métaux.

Nous avons utilisé pour nos calculs de pouvoir solvants les paramètre de solubilité de Hildebrand et Hansen. Cette méthode théorique, nous a permis de définir les meilleurs mélanges de solvants à tester au laboratoire.

C.    Point écalir (Pe) et inflammabilité

 

La quantification de la faculté qu'ont des produits à s'enflammer est donnée par leur point d'éclair. Le point éclair est la température minimale pour laquelle un liquide émet des vapeurs en quantités telles, qu’il en résulte un mélange air/vapeur inflammable. Plus le point éclair est élevée, moins le produits est inflammable :

La substance ou la préparation est affectée d'une étiquette définie en fonction de critères de classification suivants:

Point d'éclair

< 0° C

0°C< Pe <21°C

21°C< Pe <55°C

> 55°C

température d'ébullition

< à 35° C

 

 

 

Classe

Symbole F+

 

Symbole F

 

Pas de point éclair

phrase de risque

R12 (Extrêmement inflammable)

R 11    (Facilement inflammable)

 

R 10 (Inflammable)

Peut devenir inflammable en cours d'utilisation

Tableau 1 : Point éclairs et inflammabilité.

Certaines remarques sont à faire à propos des solvants halogénés, en effet, le protocole habituel de mesure d'un point d'éclair est mal adapté (ainsi, selon la norme EN 456 : «…, l'interprétation des résultats obtenus sur les mélanges de solvants contenant des hydrocarbures halogénés doit être faite avec prudence car ces mélanges peuvent donner des résultats  aberrants »).

D.    Valeurs limites d’exposition et risques produits

 

Pour évaluer les dangers des solvants, il faut prendre en compte la valeur limite d'exposition professionnelle de chacun de leurs constituants. Cette valeur limite correspond à une concentration dans l'air que peut respirer une personne pendant un temps donné sans risque d'altération pour la santé même si des modifications physiologiques sont parfois tolérées : 

   VLE : valeur limite d'exposition à court terme. C'est la valeur maximale mesurée sur 15 minutes à laquelle peut être exposé un opérateur sans risque d'effets toxiques immédiats.

 VME : valeur de moyenne d'exposition. C'est la valeur moyenne maximale admissible pondérée pour 8 h/j et 40 h/semaine de travail. 

 

Remplacement des produits halogénés dans les solvants de dégraissage industriels.

 

 

L’évolution de la réglementation internationale (Protocole de Montréal et  Directive Européenne  « substances dangereuses ») et la volonté de prévention des risques professionnels,  conduisent les industriels à chercher de nouveaux produits de substitutions à divers solvants de dégraissages halogénés,  largement utilisés jusqu’à présent en industrie.

La substitution du trichloréthylène (classement cancérogène), du 1,1,1-trichloroéthane (T 111), du tétrachloroéthylène (perchloroéthylène), du 1,1,2-trichloro-1,2,2-trifluoroéthane (CFC 113), du dichlorométhane (chlorure de méthylène) et du HCFC 141b (monochlorotrifluoroéthane) sont notamment des mesures prioritaire depuis 2001.

 

Les solvants de substitutions envisagés devront être moins toxique pour l’Homme, tout en gardant des qualités aussi bonnes que les solvants halogénés en cours de remplacement :

·        Compatibilité avec l’environnement (VLE, VME),

·        Utilisables à chaud et froid…

 

D’après de nombreuses études et recherche industrielles et en laboratoires, les solvants de substitution des solvants chlorés dans l’industrie sont :

Le d-limonène, le 1-metoxy-2-propanol et la NMP

 

Ces solvants sont les plus appropriés pour substituer les solvants chlorés.

 

 


Dans différents pays, les industriels et laboratoires de  recherches ont publiés de nombreuses études et articles, nous présentons les études les plus importantes réalisées dans les dernières années.

A.    Articles et études théoriques dans la littérature.

 

Nous nous sommes appuyés sur 5 articles particulièrement intéressants :

 

B. Etudes et tests réalisés en milieux industriels

 

Une des premières études en milieu industriel a eu pour but de tester 5 solvants de remplacement du trichloréthylène : 1-bromopropane, HCFC-141b, 1-methoxy-2-propanol...

(A Study on the Substitution of Trichloroethylene as a Spot Remover in the Textile Industry, T. Mirzaa, M. Gérina, D. Bégina, D. Droletb. AIHAJ, 61, 2000. Université de Montréal, Groupe de recherche en toxicologie humaine (TOXHUM), Département de santé environnementale et santé au travail).

 

Une autre étude, Substitution des solvants – Études de cas d’implantation, D. Bégin, M. Gérin. Département de santé environnementale et santé au travail. Faculté de médecine, Université de Montréal (février 2001) conclut qu’il n’y pas de substituants envisageables au trichloréthylène.

Le nombre d’études sur ce sujet et très vaste, mais généralement ces études mènent à la conclusion qu’aucun solvant de substitution aux solvants halogénés ne conviennent.

Les solvants les plus fréquemment proposés sont présentés dans la figure suivante
-->Consultez le document Risques spécifiques * Dégraissage des métaux sur le site de la CRAM des Pays de la Loire pour plus de détails

 

 

 

 

                                                   

Figure 3 : Tables de comparaison des solvants alternatifs

 

Regroupement et analyse des résultats

 

Les solvants de substitutions envisageables sont donc nombreux, seuls les solvants qui ont été le plus couramment utilisés, ou proposés sont reportés dans le tableau ci-dessous.

 

 

méthoxy

propanol

NMP

1-bromo

propane

d-Limonene

trichloro et

Hydrofluoro

 

Indice Kb

élevé

> 300

élevé

67

90 à 150

Risques

R10 inflammable

Xi irritant

Xn

nocif

aucun

XN

 nocif

VME

360

15

20

aucune

>100

volatilité

volatil

peu volatil

peu volatil

 

peu volatil

très volatils

Point éclair

34°C

91°C

aucun

48°C

aucun

Séchage

(ether=1)

25

long

360

long

long

long

rapide

incompatibilté

Zn, Cd

Zn

-

Zn, Al

-

densité

0,92

1,028

1,354

0,84

 

 

Tableau 2 : Récapitulatifs des solvants choisis

Conclusion pour le 1-bromopropane :

 

 Les conclusions des rapports industriels et théoriques sont unanimes et décommandent le 1-bromopropane. De plus le bromopropane est sujet d’une nouvelle réglementation applicable à l’ensemble des pays européens en 2006 (article INRS : Le 1-bromopropane sur la sellette), sa classification évoluant vers la catégorie 2 des toxiques pour la reproduction, va conduire le bromopropane à être soumis au décret CMR (décret 2001-37 du 1er février 2001. Le trichloréthylène, étiqueté cancérogène de catégorie 2, est soumis à ce décret.

·         « Considérant la toxicité potentielle du 1-BP sur le système nerveux et sur la reproduction chez

l’humain, sa tension de vapeur élevée qui favorise sa migration dans l’air des locaux de travail, l’ambiguïté sur son point d’éclair et secondairement l’incertitude sur son PDO, les auteurs ne recommandent pas cette substance comme remplaçant des solvants chlorés traditionnels »

·         « Un test sur 11 personnes en 2000 en milieu industriel a conclu dès le premier jour d’étude suite aux

irritations des yoeux et de la gorge des travailleurs que le bromopropane était inenvisageable »

·         Autres références :MAHIEU J.C. ; BOUST C."Dégraissage des métaux, choix des techniques et des

produits". Fiche pratique de sécurité. ED 48. INRS, 2001, 4 p. et  BEGIN D. ; GERIN M. "Le 1-bromopropane et la substitution des solvants". Rapport B-062. IRSST, 2002, 75 p.

Conclusion pour le 1-metoxy-2-propanol

 

Le 1-méthoxy-2-propanol est « facilement biodégradable » d'après les résultats de l’essais n°301E de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Le 1-méthoxy-2-propanol, isomère alpha, CAS number 107-98-2, d’après sa fiche solvant ED 4222, les ethers de glycols, INRS, 2004, ne présente que le risque R10, Inflammable.

Ce solvant est utilisé dans de nombreux solvants de dégraissages.

Conclusion pour la NMP

 

Ce solvant est un des solvants potentiellement le plus approprié pour substituer les solvants chlorés.

Conclusion pour le d-limonène.

 

Ce solvant est un des solvants potentiellement le plus approprié pour substituer les solvants chlorés. Il est déjà utilisé dans de nombreuses formulations, une simple recherche Internet conduit à trouver plusieurs centaines de produits de dégraissages contenant le limonène.